07 Jun
Posted by: admin in: Santé Actualités
STRASBOURG (Reuters) - Une dizaine de militants d’Act up ont manifesté samedi devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à Strasbourg pour protester contre un arrêt de cette juridiction autorisant la Grande-Bretagne à expulser une malade du sida vers son pays d’origine, l’Ouganda.
Les manifestants venus de Paris ont déployé devant les grilles une banderole sur laquelle était inscrit “Malades expulsés = Malades assassinés”.
“Pour la CEDH, la vie d’un séropositif ne vaut rien”, ont crié les militants de l’association de défense des malades du sida avant de répandre des poches de faux sang sur la chaussée sous l’objectif de quelques photographes.
Les manifestants se sont dispersés au bout d’un quart d’heure sans que la police soit intervenue.
Selon l’une des participantes, Caroline Izambert, une quinzaine de militants d’Act up ont également manifesté pendant une vingtaine de minutes devant l’ambassade de Grande-Bretagne, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris, avant d’être délogés sans heurts par les forces de l’ordre.
“Un arrêt de la CEDH, c’est la jurisprudence qui fait foi dans tous les pays d’Europe. Cette femme va mourir et des milliers de femmes vont mourir”, a dit à Reuters Marie Cuilliez, coordinatrice pour les droits des malades et des minorités au sein d’Act up Paris.
“Selon l’Onusida, en Ouganda, les traitement antirétroviraux sont à la charge des malades et coûtent à eux seuls au moins 42 dollars par mois dans un pays où le revenu moyen est de 23 dollars”, souligne l’association dans un tract.
Dans un arrêt non susceptible d’appel rendu le 27 mai dernier, la Cour européenne des droits de l’homme a estimé que l’expulsion vers l’Ouganda de “N”, une femme séropositive de 34 ans, présente sur le sol britannique depuis 2001, ne constituerait pas un “traitement inhumain ou dégradant”.
La Cour reconnaissait que “la qualité et l’espérance de vie de la requérante auraient à pâtir de son expulsion vers l’Ouganda”.
Elle estimait toutefois que l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme, qui interdit les traitements inhumains ou dégradants, n’imposait pas aux Etats de “pallier” les disparités socio-économiques entre les pays “en fournissant des soins de santé gratuits et illimités à tous les étrangers dépourvus du droit de demeurer sur son territoire”.
“Conclure le contraire ferait peser une charge trop lourde sur les Etats contractants”, ajoutait la Cour.
Alors qu’un pays comme la France a instauré un droit au séjour pour soins depuis dix ans, Act up craint que cet arrêt conduise à un nivellement par le bas des normes européennes.
Gilbert Reilhac
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