PARIS (AFP) - Le personnel de l’hôpital parisien Saint-Antoine a géré en pleine nuit, dans le stress, une double défaillance électrique, un incident sur lequel la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a demandé une enquête administrative et technique à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

La rupture d’alimentation d’un câble électrique EDF, suivie de la panne momentanée d’un générateur de secours, a plongé ce grand hôpital d’environ 800 lits dans le noir complet pendant une vingtaine de minutes, peu après 01H00 dans la nuit de mercredi à jeudi.

Un des six patients gravement malades qui avaient dû être transférés est mort à l’hôpital Necker, mais “on ne peut pas dire qu’il y a un rapport entre son décès et son transfert parce que sa maladie était gravissime”, a assuré le directeur du Samu de Paris, Pierre Carli.

Cet homme de 61 ans “souffrait d’une pathologie hématologique très grave, son transfert a duré neuf minutes, il n’y a pas eu d’interruption des soins”, a ajouté le Pr Carli.

Dans Saint-Antoine, “les malades n’ont pas souffert des conséquences de cette panne, on a bénéficié de l’intervention immédiate de nos personnels, des pompiers, de la police et du Samu, le Dr Patrick Pelloux (médecin urgentiste) a géré magistralement la situation aux urgences et puis on a aussi eu de la chance”, a expliqué à l’AFP la directrice de Saint-Antoine, Chantal de Singly.

“On a tous bien fonctionné et il faut tirer son chapeau à la gynécologue de garde, qui a mis au monde un bébé dans le noir”, a précisé le Dr Pelloux.

Roselyne Bachelot a, elle, salué le “professionnalisme” et le “dévouement” des personnels qui font “honneur au service public hospitalier”.

La première défaillance s’est produite jeudi à 01H10, lorsqu’un des deux câbles d’alimentation EDF de 20.000 volts est tombé en panne.

Selon un responsable d’Electricité réseau distribution France (ERDF, filiale d’EDF), “la panne a été localisée, on a eu un défaut sur un câble principal dont on ignore encore la cause”.

Normalement, les générateurs de secours auraient dû se mettre en route automatiquement au bout de 5 minutes. Mais “seuls deux des trois groupes électrogènes se sont mis en route (…), le troisième a eu un problème d’automate”, a expliqué Mme de Singly.

L’hôpital n’a donc eu qu’un retour partiel de son alimentation et il a fallu l’intervention des équipes techniques de l’hôpital pour que le troisième générateur redémarre, permettant le retour de l’électricité dans tous les services, sauf les couloirs.

Ce n’est qu’à 02H20, soit 70 minutes après le début de la panne, que la liaison avec EDF, avec un câble de secours, a été rétablie et que la situation est redevenue entièrement normale.

“Le point stratégique pour un hôpital est l’électricité, qui a déjà posé des problèmes à Bichat et Georges-Pompidou. Les procédures mensuelles de test des générateurs sont peut-être insuffisantes. Mais dans tous les cas, il faut donc se préparer au pire, c’est à dire le black-out qu’on a connu”, a analysé le Dr Pelloux.

“Une réflexion sur cet incident va nous permettre d’améliorer nos procédures”, a ajouté Mme de Singly.

Le ministère de la Santé a précisé avoir “adressé une circulaire le 7 avril dernier à l’ensemble des directeurs d’établissements afin que soient vérifiés l’ensemble des dispositifs de prévention et de secours sollicités en cas de coupures électriques”.

De son côté, le président de l’AP-HP, Jean Marie Le Guen, a demandé à Roselyne Bachelot, de “débloquer en urgence une dotation spécifique” afin d’obtenir des “garanties de sécurité complète” pour les hôpitaux.