PARIS (AFP) - Quelque 4.000 décès étaient imputables en 2001 en France aux virus de l’hépatite C ou de l’hépatite B, selon une étude publiée mardi dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire.

L’étude conduite par le Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc-Inserm) a permis d’estimer à 3.618 le nombre de “décès associés” au virus de l’hépatite C (VHC) en France métropolitaine en 2001 (patients porteurs du VHC). Parmi ces décès, 2.646 ont été expertisés “imputables” au VHC, lorsque ce dernier avait joué un rôle majeur ou expliquait à lui seul le décès.

Pour le virus de l’hépatite B (VHB), l’estimation des décès associés est de 1.507, dont 1.327 imputables au virus.

Le stade de la maladie au moment du décès était au moins une cirrhose dans 95% des cas imputables au VHC (93% des cas pour le VHB), et un carcinome hépatocellulaire (cancer du foie) sur cirrhose dans un cas sur trois.

Cette étude “révèle la gravité des hépatites virales B et C” et montre la nécessité de poursuivre l’effort de prévention et de dépistage, soulignent ses auteurs. Elle montre également l’impact négatif sur l’espérance de vie des personnes infectées d’une consommation excessive d’alcool et d’une co-infection par le virus du sida.

Ses premiers résultats avaient été présentés en 2006 au congrès de l’association européenne pour l’étude du foie à Vienne.

Le virus de l’hépatite B se transmet par voies sexuelle et sanguine, ou encore de la mère à l’enfant. L’hépatite B peut être prévenue grâce à un vaccin.

Aucun vaccin n’existe en revanche contre l’hépatite C, qui se transmet par contact direct avec du sang infecté. La transmission concerne aujourd’hui essentiellement des toxicomanes. Tatouages, piercings et acupuncture sont aussi à risque.

Une étude menée en 2003-2004 par l’Institut de veille sanitaire a estimé qu’entre 270.000 et 460.000 personnes avaient été en contact avec le VHC en France métropolitaine, entre 168.000 et 296.000 souffrant d’une infection chronique. Pour le VHB, quelque 300.000 personnes seraient porteuses chroniques.