PARIS (AFP) - La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a jugé jeudi “impératif” de réduire les temps de transport des personnes frappées d’accident vasculaire cérébral (AVC) et d’orienter ces patients vers des structures adaptées à leur état, disposant notamment d’IRM ou de scanner.

S’exprimant devant le congrès de la Société française de neurologie à Paris, la ministre a rappelé que l’AVC est “un grave problème de santé publique”.

“En France, près de 150.000 personnes victimes d’AVC et d’accidents transitoires sont hospitalisées chaque année”, a-t-elle rappelé. L’AVC est “la troisième cause de mortalité et la première cause de handicap moteur acquis de l’adulte”. Selon elle, “près des trois quarts des patients gardent des séquelles et 20 à 30% sont admis en soins de suite et de réadaptation”.

“La dépendance est, dans la moitié des cas, une conséquence prolongée de l’AVC”.

Elle a remarqué encore que la fréquence de l’AVC “augmente exponentiellement avec l’âge”, le tiers des AVC survenant chez des sujets âgés de plus de 80 ans, mais “25% ont moins de 65 ans”.

Ce qui plaide “pour l’amélioration de la prise en charge des patients victimes d’AVC, mais aussi pour le développement de la prévention”, a poursuivi la ministre.

Alors que de tels accidents doivent être traités “en urgence”, “trop souvent les victimes d’AVC arrivent tardivement à l’hôpital, dans une structure pas nécessairement adaptée”, a-t-elle déploré.

Mme Bachelot a ainsi jugé “impératif de diminuer les temps de transport, et surtout d’orienter les patients vers des structures adaptées à leur état et disposant des ressources matérielles –notamment en imagerie, IRM ou scanner– et humaines pour les traiter”.

Il existe “près de soixante unités neurovasculaires (UNV), contre une trentaine il y a deux ans”, mais le “maillage du territoire” doit encore être amélioré ainsi que l’information des médecins et du public.

Dans le cadre d’une “stratégie” anti-AVC, “un comité de pilotage” sera installé courant novembre.

La Haute Autorité de santé (HAS) devrait rendre des recommandations sur la prise en charge des AVC avant l’hospitalisation en 2009, a-t-elle ajouté.